J’ai donc pris la décision de passer de l’autre côté du mur… Et d’aller voir les autres. L’été dernier, à Dunhuang en Chine, j’avais rencontré Gil, un gars de Tel Aviv. J’ai donc saisi l’occasion et je suis allé rendre visite ami, et puis j’ai continué dans la lancée et je suis allé rendre visite à mon cousin David qui vit à Erzliya à côté de Tel Aviv. Ça aurait été trop dommage de ne voir qu’un côté de la face de la lune, ou de la pièce, ou encore du conflit Israelo-Palestinien.
Ma première impression de Tel Aviv fut donc la grande surprise de ne voir presque que des jeunes! Mais où sont les vieux me dis-je! En effet, dans les petites rues branchées de Tel Aviv, où se succèdent boutique sur boutique, alternées par des cafés ou restau style bourgeois bohème, il n’y a que des jeunes gens! J’étais si effaré que je voulais me rouler par-terre, mais je me suis retenu. Alors je me souvînt d’un type à Ramallah qui me vantait les mérites de la vie nocturne à Tel Aviv… Et oui, Tel Aviv est un autre monde (Téléphone à même écrit une chanson comme ça), surtout en arrivant de Jérusalem où il y a ces fusils hideux partout où l’on pose le regard…
Et ceci me ramène à une autre pensée fugitive: Tel Aviv est une bulle! Une petite bulle avec une grosse cloison à l’intérieure de laquelle les habitants font tout pour oublier ce qui l’entoure: les Autres. Cela à un effet néfaste car les heureux habitants de la bulle se répètent des histoires sur les Autres, sans cesse, jusqu’à ce que des fantaisies dignes des légendes urbaines naissent de rien. Je me souviens d’un repas de famille où un des cousin de cousin présent s’étonnait du fait qu’il puissent y avoir des routes, avec des autobus pour rouler dessus en Syrie!!! Effarant! Un autre commentaire que je suis venu à entendre maintes et maintes fois fut: “mais de toute façon ils ne veulent pas la paix la bas”… C’est marrant car un soir où je dégustais un verre de vin palestinien au café La Vie à Ramallah (voire le groupe Facebook), tout en discutant politique et conflit avec des étudiants locaux, la même phrase était sortie plusieur fois: “eux, les Autres, ils ne veulent pas la paix, alors…” Je vois redondance cyclique. J’entends redondance cyclique. Je danse redondance cyclique!
Bref, je suis en suite retourné à Jérusalem car pendant ce temps j’avais appris que j’avais une amie qui vivait là bas. Après quelques jours je suis venu à me demander: mais comment les gens font-ils pour vivre comme ça! Tout le monde vit constamment dans la peur, avec une menace constante, et son constamment entourés de cet militarisme omniprésent avec tout le kit de fusils à pompe, fusils mitrailleur, pistolets, matraque, gaz lacrymogène, etc… C’est infernal! Et en plus l’état d’Israël à la politique stupide de faire en sorte que les militaires en permission doivent trimballer leur arme et leur uniforme avec eux! Du coup, comme s’il n’y avait pas assez de gars armés jusqu’aux dents comme ça, en plus de ça il y a ceux qui sont en congé qui se trimballe aussi armé jusqu’au dents!
C’est un pays de fous! Ils sont fou, ces moyen-orientaux! Le bon vieux dicton “arrêter la guerre, faites l’amour” est un peu années soixante, mais peut être qu’il serait temps de reconsidérer certain acquis!
Un soir j’ai eu mon moment de révélation subite. Nous étions allé à Lifta (لفتا, מי נפתוח), ce magnifique petit village palestinien en bordure de Jérusalem, abandonné durant l’exode de 1948 et inhabité depuis, pour faire une soirée avec des étudiants internationaux. Vers 3h37 du matin, alors que nous avions bien bu et mangé au barbecue, deux jeunes juifs orthodoxes se sont pointés avec une guitare et se sont mis à jouer un espèce de flamenco rabbinique… Ils ont joués pendant des heures ces mélodies captivantes jusqu’aux petites du matin, des chansons d’amour où il ne manquait que le ‘corazon’ pour qu’on se croie vraiment en Amérique Centrale… Toutes ces contradictions incarnées par ces deux énergumènes! Alors j’ai eu ma révélation: waaaaou!
Ce soir mon espoir pour un monde meilleur fut revu à la hausse. Un peu.






